Donation

Donation-partage : comment transmettre votre patrimoine en évitant les conflits ?

Donation-partage : comment transmettre votre patrimoine en évitant les conflits ?

La donation-partage permet de transmettre votre patrimoine à vos héritiers tout en répartissant les biens de façon définitive. Contrairement à une donation simple, la valeur des biens est figée au jour de l’acte notarié, ce qui évite les réévaluations sources de conflits lors de la succession.

Nous allons vous expliquer son fonctionnement, ses avantages fiscaux et les précautions à prendre pour sécuriser cette opération.

Qu’est-ce qu’une donation-partage exactement ?

La donation-partage est un acte notarié par lequel vous transmettez de votre vivant tout ou partie de vos biens à vos héritiers présomptifs, en procédant simultanément à leur répartition. Chaque bénéficiaire reçoit un lot précis : un appartement, un portefeuille de valeurs mobilières, une somme d’argent ou encore des parts de société.

Le point fondamental réside dans le gel de la valeur des biens. Contrairement à la donation simple où les biens sont réévalués au moment du décès du donateur, la donation-partage fige leur valeur au jour de la signature. Un bien immobilier donné à 200 000 € aujourd’hui ne sera pas recalculé à 350 000 € dans vingt ans lors de l’ouverture de la succession. Cette caractéristique protège les héritiers contre les déséquilibres liés à l’évolution du marché.

La donation-partage fige la valeur des biens au jour de l’acte : aucune réévaluation lors de la succession, à condition que tous les héritiers réservataires aient reçu un lot.

Qui peut réaliser et recevoir une donation-partage ?

Toute personne disposant de la capacité juridique peut réaliser une donation-partage. Vous pouvez la consentir au profit de vos enfants, qu’ils soient issus du mariage actuel ou de précédentes unions. Depuis la loi du 23 juin 2006, il est également possible de réaliser une donation-partage transgénérationnelle au profit de vos petits-enfants, à condition que leurs parents y consentent expressément.

Les couples mariés peuvent aussi effectuer une donation-partage conjonctive, regroupant les biens propres et communs des deux époux dans un même acte. Cette formule simplifie la transmission et permet de répartir l’ensemble du patrimoine familial en une seule opération. À noter que les concubins et les partenaires de PACS ne peuvent pas recourir à la donation-partage conjonctive.

Quelle fiscalité pour la donation-partage en 2026 ?

La donation-partage bénéficie du même barème fiscal que les donations classiques. Chaque parent peut transmettre jusqu’à 100 000 € par enfant sans aucun droit à payer, cet abattement étant renouvelable tous les 15 ans. Pour un couple avec deux enfants, cela représente jusqu’à 400 000 € transmis en franchise de droits.

Au-delà de l’abattement, les droits de donation suivent un barème progressif allant de 5 % (pour la tranche jusqu’à 8 072 €) à 45 % (au-delà de 1 805 677 €). Les frais de notaire liés à la donation s’ajoutent aux droits et représentent entre 1 % et 5 % de la valeur des biens selon les tranches.

Attention : si la donation-partage et le partage sont réalisés dans deux actes distincts, un droit de partage de 2,5 % s’applique en plus des droits de donation. Nous vous conseillons de regrouper les deux opérations dans un acte unique.

La loi de finances 2025 a introduit une mesure temporaire pertinente : les dons familiaux en numéraire réalisés entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026 bénéficient d’une exonération supplémentaire de 100 000 € par donateur (et 300 000 € par bénéficiaire), à condition que les sommes soient affectées à l’acquisition ou la rénovation d’une résidence principale dans les 6 mois. Cette mesure peut se combiner avec une donation-partage incluant d’autres biens.

Donation-partage ou donation simple : quel choix privilégier ?

La différence majeure tient à la réévaluation des biens. Avec une donation simple, les biens donnés sont réévalués au jour du décès pour vérifier que la réserve héréditaire de chaque enfant est respectée. Prenons un exemple concret : vous donnez un appartement estimé à 150 000 € à votre fils aîné en donation simple. Vingt ans plus tard, au moment de votre décès, ce bien vaut 300 000 €. C’est cette valeur de 300 000 € qui sera prise en compte dans le calcul de la succession.

Avec une donation-partage, la valeur reste figée à 150 000 €. Si votre second enfant reçoit 150 000 € en espèces le même jour, l’équilibre est parfaitement maintenu quel que soit l’évolution future du marché immobilier. C’est pourquoi nous recommandons systématiquement la donation-partage lorsque les biens transmis sont susceptibles de prendre de la valeur.

La donation-partage présente un autre avantage : elle est très difficilement contestable. L’action en réduction (qui permet de remettre en cause les donations excédant la quotité disponible) est quasiment neutralisée dès lors que tous les héritiers réservataires ont participé à l’acte et reçu un lot.

Les précautions à prendre avant de signer

La donation-partage est un acte irrévocable. Vous ne pourrez pas récupérer les biens transmis, sauf cas d’ingratitude grave du donataire. Il convient donc de bien calibrer ce que vous donnez en veillant à conserver suffisamment de ressources pour vos vieux jours.

Si vous souhaitez transmettre un bien immobilier tout en continuant à l’habiter ou à en percevoir les revenus, la donation avec réserve d’usufruit constitue une solution judicieuse. Vous conservez la jouissance du bien pendant toute votre vie, vos enfants n’en devenant pleinement propriétaires qu’à votre décès. Cette technique réduit aussi l’assiette des droits de donation puisque seule la nue-propriété est taxée, sa valeur dépendant de votre âge au moment de la donation.

Nous vous conseillons aussi d’anticiper l’arrivée éventuelle de nouveaux héritiers. Si un enfant naît après la donation-partage, il pourra remettre en cause les lots attribués pour faire valoir sa réserve héréditaire. Un notaire pourra vous guider sur les clauses protectrices à intégrer dans l’acte.

Avant 70 ans : le moment idéal pour agir. Le barème fiscal de l’usufruit est plus favorable quand le donateur est jeune, ce qui réduit les droits à payer sur la nue-propriété.

Questions fréquentes sur la donation-partage

Voici les interrogations les plus courantes sur ce sujet.

Peut-on faire une donation-partage inégalitaire ?

Oui, le donateur n’est pas obligé de répartir ses biens de manière égale. Il peut avantager un enfant par rapport aux autres, à condition de respecter la réserve héréditaire de chacun. Si un héritier reçoit un lot de valeur supérieure, une soulte (compensation financière) peut être prévue pour rétablir l’équilibre.

Combien coûte une donation-partage chez le notaire ?

Les émoluments du notaire sont réglementés et proportionnels à la valeur des biens transmis : environ 5 % jusqu’à 6 500 €, puis dégressifs jusqu’à environ 1 % au-delà de 60 000 €. À ces frais s’ajoutent les droits de mutation (après application de l’abattement de 100 000 €) et les frais de publicité foncière si des biens immobiliers sont concernés.

La donation-partage est-elle possible entre grands-parents et petits-enfants ?

Oui, grâce à la donation-partage transgénérationnelle. Les parents doivent toutefois consentir à ce que leurs propres enfants reçoivent directement une part du patrimoine de leurs grands-parents. L’abattement applicable est alors de 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant.

Peut-on revenir sur une donation-partage ?

Non, la donation-partage est en principe irrévocable. Trois exceptions existent : l’inexécution des charges par le donataire, l’ingratitude grave ou la survenance d’un enfant non encore né au moment de l’acte. Ces cas restent rares en pratique.

Quelle différence entre donation-partage et testament-partage ?

La donation-partage produit ses effets du vivant du donateur : les bénéficiaires deviennent immédiatement propriétaires des biens. Le testament-partage ne prend effet qu’au décès et reste révocable à tout moment. La donation-partage offre davantage de sécurité juridique car elle fige les valeurs et limite les contestations.

La déclaration de donation-partage se fait-elle en ligne ?

Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration des dons entre particuliers se fait exclusivement en ligne sur impots.gouv.fr. Pour la donation-partage, c’est le notaire qui se charge de l’enregistrement de l’acte auprès de l’administration fiscale. Vous n’avez aucune démarche administrative supplémentaire à effectuer.

Laurent

Je suis Laurent, et je suis un passionné d'investissement et de gestion de patrimoine. J'ai créé ce site pour partager ma passion avec vous et vous aider à prendre des décisions éclairées en matière d'investissement.

Post Comment