En 2026, chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur sa part de succession, le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés, les frères et sœurs disposent de 15 932 € et les neveux et nièces de 7 967 €. Au-delà de ces montants, un barème progressif de 5 % à 60 % s’applique selon le lien de parenté. L’abattement se reconstitue tous les 15 ans, ce qui fait de la donation anticipée, de l’assurance-vie et du démembrement les trois grands leviers d’optimisation.
Lorsqu’un proche décède, chaque héritier doit déclarer sa part d’héritage à l’administration fiscale et acquitter des droits de succession. Heureusement, la loi prévoit un mécanisme qui allège considérablement cette facture : l’abattement sur la succession. Son montant dépend du lien de parenté avec le défunt et peut atteindre 100 000 € par enfant, voire une exonération totale pour le conjoint survivant. Ce guide détaille les montants applicables en 2026, le barème d’imposition qui s’applique au-delà, la règle du renouvellement tous les 15 ans et les stratégies concrètes pour transmettre votre patrimoine en réduisant l’impôt.
Sommaire
- 1 Abattement succession : définition et fonctionnement
- 2 Tableau des abattements 2026 par lien de parenté
- 3 Ce qui change en 2026 pour les droits de succession
- 4 Le barème des droits de succession après abattement
- 5 Un abattement renouvelable tous les 15 ans
- 6 Cinq stratégies pour optimiser la transmission de votre patrimoine
- 7 FAQ : vos questions sur l’abattement succession
- 8 Sources et références
Abattement succession : définition et fonctionnement
L’abattement est une fraction de l’héritage qui échappe totalement à l’impôt. Prévu principalement par l’article 779 du Code général des impôts, il se déduit de la part nette revenant à chaque héritier avant l’application du barème des droits de succession. Plus le lien de parenté avec le défunt est proche, plus l’abattement est élevé.
Concrètement, le calcul suit toujours le même ordre : le notaire établit d’abord l’actif net de la succession (biens moins dettes), détermine la part revenant à chaque héritier selon la loi ou le testament, déduit l’abattement personnel correspondant au lien de parenté, puis applique le barème progressif sur le solde. Si la part reçue est inférieure à l’abattement, l’héritier ne paie aucun droit de succession.
Tableau des abattements 2026 par lien de parenté
Voici les montants d’abattement applicables aux successions ouvertes en 2026, inchangés depuis plusieurs années et désormais gelés jusqu’en 2028 :
| Lien de parenté avec le défunt | Abattement 2026 | Référence légale |
|---|---|---|
| Conjoint marié / partenaire de PACS | Exonération totale | Art. 796-0 bis CGI |
| Enfant (et parent, ligne directe) | 100 000 € | Art. 779 I CGI |
| Frère ou sœur | 15 932 € | Art. 779 IV CGI |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | Art. 779 V CGI |
| Petit-enfant (hors représentation) | 1 594 € | Art. 788 CGI |
| Toute autre personne (tiers, concubin…) | 1 594 € | Art. 788 CGI |
| Héritier handicapé (tous liens) | + 159 325 € (cumulable) | Art. 779 II CGI |
Conjoint et partenaire de PACS : exonération totale
Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint survivant marié et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant transmis. Attention : le partenaire de PACS n’hérite pas automatiquement, il doit être désigné par testament. Le concubin, lui, reste fiscalement un tiers : 1 594 € d’abattement puis 60 % de droits.
Enfants : 100 000 € chacun, par parent
Chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur la part reçue de chaque parent. Une famille avec deux enfants peut ainsi transmettre 400 000 € en franchise totale de droits (100 000 € par enfant et par parent). Cet abattement s’applique aussi aux parents qui héritent de leur enfant.
Petits-enfants : 1 594 €, sauf représentation
En succession, le petit-enfant ne dispose que de 1 594 € d’abattement. Exception importante : s’il hérite par représentation d’un parent prédécédé ou renonçant, il se partage avec ses frères et sœurs l’abattement de 100 000 € de ce parent.
Frères et sœurs : 15 932 €, parfois une exonération totale
L’abattement est de 15 932 € par frère ou sœur. Le frère ou la sœur qui remplit trois conditions cumulatives est même totalement exonéré (art. 796-0 ter CGI) : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé ; être âgé de plus de 50 ans ou infirme ; et avoir vécu avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès.
Neveux, nièces et personnes handicapées
Les neveux et nièces disposent de 7 967 € d’abattement chacun. Par ailleurs, tout héritier ou légataire atteint d’un handicap l’empêchant de travailler ou d’étudier dans des conditions normales bénéficie d’un abattement supplémentaire de 159 325 €, qui se cumule avec son abattement personnel : un enfant handicapé peut donc recevoir 259 325 € en franchise de droits.
Ce qui change en 2026 pour les droits de succession
La loi de finances 2026 a entériné le gel des abattements jusqu’au 31 décembre 2028. Concrètement, l’abattement en ligne directe reste fixé à 100 000 € par enfant et par parent, sans revalorisation malgré l’inflation : la valeur réelle de la franchise d’impôt s’érode donc chaque année.
Bonne nouvelle pour les familles recomposées : l’abattement applicable aux beaux-enfants a été multiplié par dix, passant de 1 594 € à 15 932 € sous certaines conditions. Les frais bancaires de succession sont désormais plafonnés à 1 % du montant total (maximum 857 €) depuis le 1er janvier 2026, et les comptes de moins de 5 910 € sont totalement exonérés de frais bancaires de clôture.
Autre dispositif temporaire à connaître : entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026, les dons de sommes d’argent à un enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant bénéficient d’un abattement supplémentaire pouvant atteindre 100 000 € par donateur, si les fonds financent l’acquisition d’une résidence principale neuve ou des travaux de rénovation énergétique.
Le barème des droits de succession après abattement
Une fois l’abattement déduit, la part nette taxable est soumise au barème progressif de l’article 777 du CGI. En ligne directe (enfants, parents, petits-enfants) :
| Part taxable après abattement | Taux d’imposition |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Pour les autres héritiers, le barème est plus lourd :
| Héritier | Taux applicable |
|---|---|
| Frère ou sœur | 35 % jusqu’à 24 430 €, 45 % au-delà |
| Parent jusqu’au 4e degré (neveu, oncle, cousin germain…) | 55 % |
| Parent au-delà du 4e degré et non-parent | 60 % |
Exemple de calcul : un enfant reçoit une part de 250 000 €. Après l’abattement de 100 000 €, la base taxable est de 150 000 €. Les droits s’élèvent à environ 28 194 € (403,60 € + 403,70 € + 573,45 € + 134 068 € × 20 %), soit un taux effectif d’à peine plus de 11 % de la part reçue.
Un abattement renouvelable tous les 15 ans
Règle essentielle pour anticiper : l’abattement se reconstitue tous les 15 ans. L’administration fiscale applique le « rappel fiscal » de l’article 784 du CGI : les donations consenties moins de 15 ans avant le décès sont réintégrées et consomment l’abattement disponible au jour de la succession.
À l’inverse, une donation de 100 000 € réalisée plus de 15 ans avant le décès n’est pas prise en compte : l’enfant profite alors d’un abattement « neuf » de 100 000 € sur la succession. En commençant à transmettre tôt, un parent peut ainsi utiliser deux, voire trois fois l’abattement de son vivant, en franchise totale d’impôt.
Cinq stratégies pour optimiser la transmission de votre patrimoine
1. donner de son vivant, le plus tôt possible
La donation bénéficie des mêmes abattements que la succession (100 000 € par enfant tous les 15 ans), auxquels s’ajoutent deux dispositifs propres : le don familial de sommes d’argent de 31 865 € (art. 790 G CGI, donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur), et l’abattement de 31 865 € pour les donations aux petits-enfants (art. 790 B CGI). Un grand-parent peut donc donner jusqu’à 63 730 € à chaque petit-enfant sans impôt, tous les 15 ans.
2. alimenter une assurance-vie avant 70 ans
Les capitaux issus des primes versées sur une assurance-vie avant les 70 ans de l’assuré échappent à la succession : chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 €, quel que soit son lien de parenté, puis d’une taxation forfaitaire de 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique, mais les intérêts et plus-values restent exonérés. Pensez à soigner la clause bénéficiaire : c’est elle qui détermine qui reçoit quoi.
3. transmettre la nue-propriété par démembrement
La donation en démembrement consiste à donner la nue-propriété d’un bien en conservant l’usufruit (revenus, usage). Les droits ne sont calculés que sur la valeur de la nue-propriété, déterminée par le barème de l’article 669 du CGI : entre 61 et 70 ans, l’usufruit vaut 40 %, la donation ne porte donc que sur 60 % de la valeur du bien. Au décès, l’usufruit rejoint la nue-propriété sans aucun droit à payer.
4. rédiger un testament et protéger son conjoint
Le testament ne crée pas d’abattement supplémentaire, mais il permet d’orienter le patrimoine vers les héritiers les mieux traités fiscalement : léguer directement une part aux petits-enfants, désigner son partenaire de PACS (exonéré), ou combiner avec une donation au dernier vivant pour élargir les droits du conjoint. Pour les couples pacsés ou en concubinage, c’est un outil indispensable de protection.
5. mobiliser les exonérations spécifiques
Certains biens bénéficient de régimes de faveur : exonération de 75 % pour la transmission d’une entreprise sous pacte Dutreil, exonération de 75 % des bois et forêts sous engagement de gestion durable, exonération totale des œuvres d’art données à l’État, ou encore exonération complète pour les successions des militaires, policiers et pompiers décédés en service (art. 796 CGI). La résidence principale occupée par le conjoint ou un enfant du défunt bénéficie quant à elle d’un abattement de 20 % sur sa valeur.
FAQ : vos questions sur l’abattement succession
Quel est le montant de l’abattement pour un enfant en 2026 ?
Chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur la part héritée de chaque parent. Un couple peut donc transmettre 200 000 € par enfant en franchise de droits, et davantage encore en renouvelant l’opération par donation tous les 15 ans.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Non. Le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, sans plafond. Le partenaire de PACS doit toutefois avoir été institué héritier par testament. Le concubin non pacsé, en revanche, est taxé à 60 % après un abattement de seulement 1 594 €.
Les donations passées réduisent-elles l’abattement de la succession ?
Oui, si elles datent de moins de 15 ans. Le rappel fiscal réintègre les donations consenties dans les 15 ans précédant le décès : elles consomment l’abattement de 100 000 €. Les donations plus anciennes ne sont pas prises en compte et l’abattement est intégralement reconstitué.
Quel abattement pour un petit-enfant qui hérite ?
En succession, le petit-enfant ne bénéficie que de 1 594 € d’abattement, sauf s’il vient en représentation d’un parent décédé (il partage alors les 100 000 €). En donation, il dispose en revanche de 31 865 €, cumulables avec le don familial de sommes d’argent de 31 865 €.
L’abattement de 159 325 € pour handicap se cumule-t-il avec les autres ?
Oui. L’abattement en faveur des personnes handicapées s’ajoute à l’abattement personnel lié au lien de parenté : un enfant handicapé cumule ainsi 100 000 € + 159 325 €, soit 259 325 € exonérés de droits.
Sources et références
- Code général des impôts : article 779 (abattements personnels), article 788 (abattement par défaut), article 790 B (donations aux petits-enfants)
- BOFIP – Mutations à titre gratuit, successions : liquidation des droits
- impots.gouv.fr – Calcul des droits de succession
- service-public.fr – Droits de succession : calcul et paiement