Pour réduire ses impôts en 2026, plusieurs leviers complémentaires : versements sur un PER (déductibles dans la limite de 35 194 € en 2026), dispositif Denormandie pour l’ancien rénové, déficit foncier (jusqu’à 21 400 € pour les passoires thermiques rénovées), réduction Madelin et FCPI/FIP. Le dispositif Pinel a pris fin au 31 décembre 2024 et n’est plus accessible aux nouveaux investissements.
Les impôts constituent rapidement un poste de dépense conséquent pour un ménage. Depuis le passage au prélèvement à la source, peu sont les contribuables qui arrivent à y voir clair. Est-il toujours possible de réduire ses impôts ? Les investissements défiscalisés fonctionnent-ils toujours ? En France, il existe en effet plusieurs types d’investissements et de dépenses pour réduire la pression fiscale. La bonne nouvelle, c’est que ceux-ci présentent toujours un grand intérêt. Seules les modalités d’application des déductions d’impôt ont changé. Tour d’horizon des possibilités pour réduire son imposition.
La source de réduction d’impôt la plus connue, c’est l’investissement immobilier. Certains investissements offrent, sous conditions, des abattements d’impôts. Ils présentent un triple avantage : réduction d’impôt, acquisition d’un patrimoine à long terme ainsi qu’un rendement financier. En matière de réduction d’impôt, il existe notamment :
Le dispositif Pinel, qui ouvre droit à une réduction d’impôt en cas d’achat de logements neufs, réhabilités ou en cours de réhabilitation. La réduction est indexée sur le prix d’achat puis appliquée uniquement si le logement est engagé à la location, se situe dans les zones A, A Bis ou B1 et enfin si le locataire dispose de revenus au deçà d’un plafond.
La loi Bouvard, qui permet de réduire ses impôts à hauteur de 11% du prix d’acquisition d’un bien loué meublé.
La loi Malraux, qui offre des abattements en contrepartie d’investissements dans des biens anciens en réhabilitation. La réduction est conditionnée à la dépense et au type de plan de réhabilitation effectué, dans la limite de 400 000 € sur 4 ans.
La loi monuments historiques, qui permet de réduire ses impôts par l’acquisition d’un monument classé historique.
La Nue propriété, c’est-à-dire l’achat d’un bien sans son usufruit. Ce dispositif permet d’acheter un bien immobilier beaucoup moins cher, qui sera récupéré en gestion et en usufruit uniquement à l’issue du contrat de nue propriété.
Autres possibilités, l’investissement forestier permet de bénéficier d’un abattement ; et les travaux en faveur de la transition énergétique ouvrent droit (sous conditions) à un crédit d’impôt.
L’immobilier n’est ceci dit pas le seul investissement qui offre des avantages fiscaux. Il existe des investissements dits « productifs » qui sont favorisés par l’État par des réductions d’imposition. Il est ainsi avantageux :
D’investir dans le capital d’une PME. Un investissement qui permet de diminuer ses impôts à hauteur de 18% de l’investissement. Le plafond abattement est de 20 000€ pour les célibataires et de 40 000€ pour les couples.
D’investir dans un FIP (fonds d’investissement de proximité) ou un FCPI (fonds communs de placement dans l’innovation). Moins risqués, ce sont des fonds gérés par un tiers et dédiés à être investis dans les PME. L’abattement s’élève également à 18 % des sommes investies (le plafond reste à 12 000€ pour les célibataires, 24 000€ pour les couples).
D’investir dans le cinéma français, à travers une Sofica. Il s’agit de sociétés françaises aidées par l’État et qui coproduisent de nombreux films chaque année. L’abattement est de 48% des dépenses et limité à 25% du revenu annuel imposable ou de 18 000€.
D’investir en SCPI fiscale. Les SCPI fiscales sont des sociétés civiles de placements immobiliers. Y investir permet de bénéficier des avantages de l’investissement immobilier, tout en nécessitant moins d’investissements et impliquant moins de risques.
En dehors des investissements, existent des dépenses courantes qui ouvrent droit à une baisse d’impôt. On y retrouve :
Les donations à des organismes considérés d’intérêt général ou d’utilité publique. La déduction d’impôt est calculée à hauteur de 66% du don.
L’embauche d’un salarié à domicile. Tous types d’emplois sont éligibles : la garde d’enfant, le jardinage, les services domestiques, etc. Le crédit d’impôt autorisé dans ce cadre s’élève à 50% des dépenses engagées et limité à 12 000€ par an.
La garde d’enfant à l’extérieur. Les frais de crèche, de nourrice ou de centre de loisir sont aussi déductibles à l’extérieur. La réduction d’impôt s’élève alors à 50% des frais annuels dans la limite de 2 300€ par enfant.
Le bonus écologique à l’achat d’un véhicule non polluant, qui offre un crédit d’impôt de 300€ à 5 000€ selon le taux de rejet de CO² du véhicule.
L’optimisation de ses dépenses, par le biais d’investissements ou de dépenses défiscalisées, est une option souvent considérée lorsque l’on cherche à réduire ses impôts. Peu pensent tout simplement à chercher à diminuer son revenu imposable. Trois options le permettent.
Bien remplir sa déclaration d’impôt. Pour les salariés, vérifier l’intérêt de la déduction des frais réels à la place de l’abattement automatique de 10 % peut représenter plusieurs centaines d’euros d’économies par an. Si cela semble évident sur le papier, ce n’est pas toujours facile dans la réalité. De nombreuses cases de la déclaration sont à peupler correctement afin de s’assurer d’obtenir l’ensemble des déductions éligibles.
Mettre à profit les revenus différés. On entend par là les dispositifs collectifs, comme le PEE ou le PERCO qui permettent de placer vos revenus sur des plans d’épargnes collectifs et de les conserver en franchise des charges sociales et des impôts sur le revenu. On entend également les plans d’épargne retraite (PER) qui permettent à tout le monde de se constituer une rente à la retraite, dont les versements sont défiscalisés.
Et enfin, le transfert de revenus à un enfant. Il est en effet possible de transférer momentanément des revenus à un enfant, sous la forme de donation temporaire d’usufruit. C’est une procédure intéressante à effectuer pour financer des études notamment. Les enfants seront imposés à moindre taux en tant qu’étudiants.
Les possibilités de réductions d’impôts sont nombreuses et peuvent s’avérer très avantageuses. Face à la multitude d’options qui s’offre à vous, il convient d’être informé et méticuleux pour assurer la rentabilité de vos dépenses et investissements. N’hésitez pas à nous demander conseil. Les notaires sont là pour vous accompagner et vous aiguiller pour gérer au mieux votre patrimoine.
Les changements fiscaux 2025-2026 à connaître
Le dispositif Pinel s’est éteint au 31 décembre 2024 et n’est plus accessible pour les nouveaux investissements. Les contribuables qui ont signé avant cette date conservent leur réduction d’impôt sur la durée d’engagement (6, 9 ou 12 ans). Pour l’investissement locatif neuf, il reste le LLI (logement locatif intermédiaire) sous régime social ou la souscription à des parts de SCPI fiscales encore en collecte.
La loi de finances 2025 a également réintégré les amortissements LMNP dans le calcul de la plus-value à la revente (mesure votée le 15 février 2025). Cette réforme alourdit la note fiscale des bailleurs LMNP qui revendent leur bien après plusieurs années d’amortissement.
Le PER reste en 2026 le levier de défiscalisation le plus puissant : déduction des versements dans la limite de 10 % du revenu professionnel, plafonné à 35 194 € pour les TNS. À condition d’accepter le blocage des fonds jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé).
Questions fréquentes sur la réduction d’impôt en 2026
Le dispositif pinel est-il toujours en vigueur ?
Non. Le Pinel a pris fin au 31 décembre 2024. Seuls les investisseurs ayant signé avant cette date conservent leur réduction d’impôt sur la durée d’engagement.
Combien peut-on déduire avec un PER en 2026 ?
Le plafond est de 10 % du revenu professionnel net, dans la limite de 35 194 € pour les indépendants (8 PASS) et de 4 399 € pour les autres profils. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes sont reportables.
Le déficit foncier est-il toujours déductible ?
Oui, jusqu’à 10 700 € sur le revenu global, plafond doublé à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique permettant un saut de classe DPE (mesure prolongée jusqu’au 31 décembre 2025).
Les FCPI et FIP donnent-ils encore droit à réduction ?
Oui, à hauteur de 18 % des versements (plafonné à 12 000 € pour un célibataire, 24 000 € pour un couple). La détention minimale est de 5 ans et le risque en capital reste réel.
Quelle est la limite globale des niches fiscales ?
Le plafonnement global s’élève à 10 000 € par foyer fiscal et par an, porté à 18 000 € pour les investissements ultra-marins (Girardin) et certains SOFICA. Au-delà, les avantages excédentaires sont perdus.