Pour vous désolidariser d’un prêt immobilier après un divorce ou une séparation, vous devez adresser à votre banque une lettre recommandée avec accusé de réception sollicitant la modification du contrat de prêt. Le modèle ci-dessous reprend toutes les mentions juridiques attendues par les établissements bancaires.
Cette démarche est encadrée par le principe de solidarité du Code civil : tant que la banque n’a pas formalisé votre retrait par avenant, vous restez tenu au remboursement intégral, même si votre ex-conjoint conserve seul le bien. Voyons concrètement la procédure, les conditions à remplir et les frais à anticiper.
Vous pouvez télécharger gratuitement notre modèle au format PDF en bas de cette page, prêt à être complété et envoyé à votre banque.
Sommaire
- 1 À quoi sert une lettre de désolidarisation de prêt immobilier ?
- 2 Modèle de lettre de désolidarisation de prêt immobilier
- 3 Comment personnaliser ce modèle ?
- 4 Comment envoyer votre lettre de désolidarisation ?
- 5 Frais et coût d’une désolidarisation de prêt immobilier
- 6 Que faire si la banque refuse votre désolidarisation ?
- 7 Désolidarisation et passage chez le notaire
- 8 FAQ : vos questions sur la lettre de désolidarisation
À quoi sert une lettre de désolidarisation de prêt immobilier ?
La désolidarisation consiste à retirer l’un des deux co-emprunteurs du contrat de prêt, afin que le crédit ne soit plus remboursé que par celui qui conserve le bien. Tant que la banque n’a pas accepté cette modification, l’article 1310 du Code civil continue de s’appliquer : chaque co-emprunteur reste tenu solidairement de la totalité de la dette, peu importe le jugement de divorce.
Concrètement, votre ex-conjoint pourrait cesser de payer ses mensualités et la banque pourrait se retourner vers vous pour réclamer l’intégralité du capital restant dû. La désolidarisation du prêt immobilier est donc l’unique procédure qui vous libère juridiquement de cette obligation.
Cette lettre s’utilise dans trois situations principales : un divorce avec attribution du bien à l’un des époux, une séparation de concubins ou de partenaires de PACS, ou encore le rachat de la part de l’un des co-emprunteurs (la soulte) par l’autre.
Modèle de lettre de désolidarisation de prêt immobilier
Voici le modèle à adresser à votre banque par lettre recommandée avec accusé de réception. Les champs entre crochets sont à compléter avec vos informations personnelles.
[Vos nom et prénom]
[Votre adresse complète]
[Code postal et ville]
[Téléphone]
[Adresse email]
[Nom de la banque]
À l’attention du service crédits immobiliers]
[Adresse de l’agence]
[Code postal et ville]
Lettre recommandée avec accusé de réception
À [Ville], le [Date]
Objet : Demande de désolidarisation du prêt immobilier n° [numéro du prêt]
Madame, Monsieur,
Mon ex-conjoint(e), [nom et prénom du co-emprunteur] et moi-même avons souscrit auprès de votre établissement le [date de signature] un prêt immobilier d’un montant initial de [montant en €], portant la référence [numéro du prêt] et finançant l’acquisition du bien situé [adresse complète du bien].
Suite à [notre divorce / notre séparation / la cessation de notre PACS] prononcé(e) le [date], nous avons convenu d’un commun accord que [nom du co-emprunteur qui conserve le bien] conservera la pleine propriété du bien immobilier et reprendra seul(e) le remboursement du capital restant dû, soit environ [montant du capital restant dû] €.
Par la présente, je sollicite donc ma désolidarisation du contrat de prêt susvisé, ainsi que la modification corrélative du contrat d’assurance emprunteur attaché à ce crédit.
Vous trouverez ci-joint les pièces nécessaires à l’instruction de mon dossier : copie du jugement de divorce ou de la convention notariée, trois derniers bulletins de salaire de mon ex-conjoint(e), son dernier avis d’imposition, ses relevés de comptes des trois derniers mois, ainsi que le tableau d’amortissement du prêt.
Je vous remercie de bien vouloir me communiquer la liste exhaustive des éléments complémentaires à fournir et de m’indiquer les délais d’instruction de cette demande, ainsi que le montant des frais d’avenant éventuellement applicables.
Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature manuscrite]
[Vos nom et prénom]
📄 Télécharger ce modèle de lettre au format PDF, version prête à imprimer et compléter à la main.
Comment personnaliser ce modèle ?
Chaque champ entre crochets doit être adapté à votre situation. Le numéro du prêt figure sur votre tableau d’amortissement et sur l’offre de prêt initiale. Le capital restant dû s’obtient en interrogeant votre espace client en ligne ou en réclamant un décompte actualisé à votre conseiller.
La mention du motif (divorce, séparation, fin de PACS) conditionne les pièces que la banque vous réclamera. En cas de divorce, joignez impérativement le jugement définitif ou la convention de divorce par consentement mutuel rédigée par votre notaire. Pour les concubins, un acte notarié de partage ou un accord écrit signé par les deux parties est exigé.
Si le bien est conservé par celui qui se désolidarise, inversez simplement les noms dans le paragraphe concerné. Si vous procédez à un rachat de soulte, ajoutez un paragraphe précisant le montant versé et la date de signature de l’acte notarié.
Comment envoyer votre lettre de désolidarisation ?
L’envoi se fait obligatoirement en lettre recommandée avec accusé de réception. Cet envoi vous donnera une date certaine pour le point de départ du délai d’instruction et constituera une preuve en cas de litige ultérieur. Comptez environ 5,80 € de frais postaux pour un courrier suivi avec AR.
Joignez à votre courrier un dossier complet pour accélérer le traitement : trois derniers bulletins de salaire du co-emprunteur restant, son dernier avis d’imposition, ses relevés bancaires des trois derniers mois, le tableau d’amortissement du prêt, la copie du jugement de divorce ou de la convention notariée et l’attestation de séparation pour les concubins.
Le délai de réponse de la banque oscille en pratique entre 4 et 8 semaines. Au-delà de 2 mois sans nouvelle, nous vous conseillons de relancer par téléphone puis, le cas échéant, par un second courrier recommandé.
Frais et coût d’une désolidarisation de prêt immobilier
Plusieurs frais entrent en jeu lors d’une désolidarisation et leur montant varie sensiblement selon que vous procédez à un simple avenant bancaire ou à un acte notarié avec rachat de soulte.
| Type de frais | Montant indicatif | À qui ? |
|---|---|---|
| Frais d’avenant bancaire | 500 € à 1 500 € | Banque |
| Frais d’acte notarié (sans soulte) | 400 € à 1 200 € | Notaire |
| Frais d’acte notarié avec rachat de soulte | 7 % à 8 % de la soulte | Notaire (dont droits de mutation) |
| Modification de la garantie hypothécaire | 500 € à 1 000 € | Notaire |
| Avenant assurance emprunteur | 0 € à 200 € | Assureur |
À noter : un rachat de soulte génère des droits de partage de 1,1 % de la valeur du bien depuis 2022, auxquels s’ajoutent les émoluments du notaire. Pour un appartement estimé 250 000 € avec une soulte de 75 000 €, le coût total avoisine les 6 000 €. Pour comprendre comment ces frais s’articulent avec le partage du patrimoine, vous pouvez consulter notre article sur qui paie le crédit immobilier en cas de divorce.
Que faire si la banque refuse votre désolidarisation ?
La banque peut légitimement refuser votre demande si elle estime que le co-emprunteur restant n’a pas la capacité financière d’assumer seul les mensualités. Le critère central est le taux d’endettement, qui doit rester inférieur à 35 % une fois la désolidarisation actée, conformément aux recommandations du HCSF.
En cas de refus, trois recours principaux s’offrent à vous : solliciter un rachat de crédit auprès d’une banque concurrente, vendre le bien et solder le prêt avec le produit de la vente ou de faire appel à un médiateur bancaire si vous estimez le refus abusif. Le recours au juge est rare et long, mais reste possible quand le jugement de divorce a expressément attribué le bien à l’un des époux.
Tant que la banque refuse formellement la désolidarisation, votre nom reste inscrit sur le prêt. Une mensualité impayée par votre ex-conjoint peut entraîner votre fichage à la Banque de France (FICP), même si le jugement de divorce vous décharge théoriquement de la dette.
Désolidarisation et passage chez le notaire
Le notaire n’intervient pas systématiquement dans une désolidarisation de prêt. Si le bien est cédé à l’un des époux dans le cadre d’un partage amiable ou d’un jugement de divorce, l’acte notarié devient en revanche obligatoire pour transférer la propriété et organiser le rachat de soulte.
Concrètement, le notaire rédige l’acte de partage qui acte le transfert de propriété, calcule la soulte due au co-emprunteur sortant et publie l’acte au service de publicité foncière. Cet acte conditionne souvent l’accord définitif de la banque pour la désolidarisation. Pour mesurer l’étendue de cette intervention, nous vous conseillons notre article sur le rôle du notaire dans une procédure de divorce.
📄 Télécharger le modèle de lettre au format PDF pour l’imprimer et l’envoyer à votre banque dès aujourd’hui.
FAQ : vos questions sur la lettre de désolidarisation
Quelle est la durée moyenne d’une procédure de désolidarisation ?
Comptez en moyenne 1 à 3 mois entre l’envoi de la lettre et la signature de l’avenant au prêt. Le délai dépend de la réactivité de la banque, de la complexité du dossier et de la nécessité ou non de passer par un notaire pour un rachat de soulte.
La banque peut-elle refuser ma demande de désolidarisation ?
Oui, la banque a parfaitement le droit de refuser si elle estime que le co-emprunteur restant ne dispose pas des revenus suffisants pour assumer seul le crédit. Elle doit toutefois motiver son refus par écrit. Vous pouvez alors envisager un rachat de crédit auprès d’un autre établissement, plus souple sur les critères de solvabilité.
Peut-on se désolidariser sans l’accord de son ex-conjoint ?
Non, l’accord des deux co-emprunteurs est requis, car la désolidarisation modifie le contrat de prêt initial. Si votre ex refuse de coopérer, le juge aux affaires familiales peut, dans certains cas, ordonner la vente forcée du bien dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial.
Faut-il obligatoirement passer par un notaire ?
Pas si la désolidarisation porte uniquement sur le prêt sans modifier la propriété du bien (cas rare). Dès qu’il y a partage de l’indivision ou rachat de soulte, l’intervention d’un notaire est impérative pour rédiger l’acte authentique et le publier au service de publicité foncière.
Que devient l’assurance emprunteur après la désolidarisation ?
Le co-emprunteur qui se désolidarise résilie son contrat d’assurance, ce qui entraîne la fin de sa couverture. Le co-emprunteur restant doit en parallèle revoir sa propre assurance emprunteur pour maintenir une quotité couverte à 100 %, sous peine d’un refus définitif de la banque. Notre article sur l’assurance emprunteur en cas de divorce détaille les démarches à effectuer.
Quel est le coût total d’une désolidarisation avec rachat de soulte ?
Pour un bien estimé 300 000 € avec une soulte de 100 000 €, comptez environ 8 000 à 10 000 € tout compris : droits de partage à 1,1 %, émoluments du notaire, frais d’avenant bancaire et modification de la garantie hypothécaire. Ce montant peut être intégré au nouveau prêt si vous sollicitez un rachat de crédit dans le même temps.