Les frais de notaire représentent entre 2 % et 3 % du prix pour un bien neuf et entre 7 % et 8 % pour un bien ancien. Ils comprennent les taxes reversées à l’État, les débours et la rémunération du notaire.
Lors d’un achat immobilier, les frais de notaire constituent l’un des postes de coût les plus mal compris des acquéreurs. Le notaire, officier public, authentifie la transaction et s’assure de sa légalité. Sa rémunération ne représente qu’une fraction minoritaire des sommes versées : la part la plus importante revient aux taxes perçues pour le compte de l’État.
Sommaire
- 1 À quoi correspondent les frais de notaire ?
- 2 Immobilier neuf ou ancien : un écart significatif
- 3 Pourquoi les frais de notaire ont augmenté dans certains départements en 2025
- 4 Comment est calculée la rémunération du notaire ?
- 5 Qui paie les frais de notaire ?
- 6 Peut-on obtenir une remise sur les frais de notaire ?
- 7 Questions fréquentes sur les frais de notaire
À quoi correspondent les frais de notaire ?
Les frais de notaire se décomposent en trois grandes catégories. Les droits d’enregistrement (ou taxe de publicité foncière) constituent la part la plus importante : 5,81 % du prix pour un bien ancien dans la quasi-totalité des départements (contre 5,09 % dans certains départements comme l’Indre ou le Morbihan). Pour un bien neuf, ce taux descend à seulement 0,715 %. Viennent ensuite les débours (frais engagés pour le compte du client : documents d’urbanisme, frais de cadastre, etc.) et enfin les émoluments, c’est-à-dire la rémunération proprement dite du notaire, réglementée par décret.
La contribution de sécurité immobilière (CSI) s’ajoute à cet ensemble : elle représente 0,10 % de la valeur vénale du bien, avec un minimum de 15 €. Elle couvre les frais d’enregistrement des actes authentiques.
Immobilier neuf ou ancien : un écart significatif
La différence de taux entre neuf et ancien tient essentiellement aux droits d’enregistrement appliqués à chaque catégorie. Pour un bien neuf ou en état futur d’achèvement (VEFA), les frais de notaire s’établissent entre 2 % et 3 % du prix. Pour un bien ancien, comptez entre 7 % et 8 %. Sur un achat à 300 000 €, l’écart représente entre 12 000 et 15 000 € selon le type de bien : c’est loin d’être négligeable.
Pour trouver un bien qui correspond à votre budget net de frais, rapprochez-vous d’une agence immobilière spécialisée. Vous pouvez aussi consulter la simulation officielle des frais proposée par le site du ministère de l’Économie. Plusieurs facteurs entrent en jeu dans le calcul final : la localisation du bien, son statut neuf ou ancien ainsi que le montant du prêt immobilier souscrit.
Pourquoi les frais de notaire ont augmenté dans certains départements en 2025
Depuis le 1er janvier 2025, les acheteurs de biens anciens dans de nombreux départements paient des frais de notaire légèrement plus élevés. La loi de finances 2025 a autorisé les conseils départementaux à relever la taxe qu’ils perçoivent sur chaque vente immobilière, appelée partie départementale des droits de mutation, de 4,5 % à 5 %. Une hausse de 0,5 point qui peut sembler modeste. Elle représente pourtant 1 500 € supplémentaires sur un achat à 300 000 €.
Cette augmentation ne s’applique pas partout : chaque département a dû voter la mesure de son côté. À ce stade, la grande majorité des départements métropolitains ont adopté cette hausse. Si vous achetez en 2025 ou 2026, vérifiez le taux applicable dans le département du bien avant de finaliser votre budget : la différence peut peser sur votre capacité d’emprunt.
Sur un achat à 300 000 € en ancien dans un département ayant appliqué la hausse, comptez désormais environ 22 500 € à 24 000 € de frais de notaire au lieu de 21 000 € à 22 500 € auparavant.
Comment est calculée la rémunération du notaire ?
Les émoluments du notaire sont fixés par décret et suivent un barème proportionnel dégressif. Pour la tranche de prix supérieure à 60 000 €, les émoluments s’élèvent à 0,799 % HT, auxquels s’ajoute la TVA au taux de 20 %. Sur un achat à 300 000 €, les honoraires du notaire représentent environ 2 400 € TTC, une somme souvent surévaluée dans les estimations des acheteurs.
Attention à l’idée reçue : les frais de notaire ne reviennent pas en totalité au notaire. Sur les 20 000 à 25 000 € versés pour un achat de 300 000 €, plus de 85 % partent vers les taxes et administrations. La rémunération réelle du notaire est bien plus modeste.
Qui paie les frais de notaire ?
C’est l’acquéreur qui supporte les frais de notaire dans la grande majorité des transactions. Certains vendeurs proposent une transaction « frais d’agence à la charge du vendeur » ou incluent les frais de notaire dans le prix de vente. Cela revient simplement à les intégrer au prix demandé. Le coût final pour l’acheteur est globalement identique.
Nous vous conseillons toujours de négocier le prix net vendeur séparément des frais annexes, afin d’avoir une visibilité claire sur ce que vous payez et à qui.
Peut-on obtenir une remise sur les frais de notaire ?
Depuis la réforme des tarifs, les notaires peuvent accorder une remise sur leurs émoluments dans certaines conditions : la vente doit porter sur un bien d’une valeur supérieure à 100 000 €, la remise ne peut pas dépasser 20 % des émoluments pour les particuliers et doit être proposée à tous les clients, sans distinction. Pour les biens d’entreprise dont la valeur atteint ou dépasse 10 millions d’euros, la remise peut aller jusqu’à 40 % de la part d’émolument concernée.
En 2026, plusieurs notaires pratiquent ces remises dans les zones où la concurrence entre offices est forte. N’hésitez pas à le demander explicitement lors des premières discussions : c’est un droit et non une faveur.
Questions fréquentes sur les frais de notaire
Les frais de notaire sont-ils négociables ?
Partiellement. Seule la partie « émoluments » est négociable, dans la limite de 20 % pour les ventes supérieures à 100 000 €. Les taxes et les débours, qui représentent l’essentiel des frais, ne sont pas négociables car ils sont reversés à l’État ou à des tiers.
Peut-on intégrer les frais de notaire dans le prêt immobilier ?
Oui, certaines banques acceptent de financer les frais de notaire dans le cadre d’un crédit immobilier, à condition que votre taux d’endettement et votre apport le permettent. Cette pratique, souvent appelée « financement à 110 % », est plus répandue pour les primo-accédants.
Y a-t-il des exonérations possibles ?
Pour certaines transactions spécifiques, notamment les donations entre parents et enfants ou la transmission d’entreprise dans le cadre du Pacte Dutreil, des abattements fiscaux existent et réduisent la base taxable. Votre notaire peut vous guider sur les dispositifs applicables à votre situation.
La hausse de 2025 concerne-t-elle tous les départements ?
Non. La loi de finances 2025 a autorisé les départements à appliquer la hausse : chacun devait la voter. La majorité l’a fait. Certains ont choisi de ne pas l’appliquer. Renseignez-vous auprès de votre notaire pour connaître le taux exact en vigueur dans le département où vous achetez.
Quelle différence entre frais de notaire et droits de mutation ?
Les droits de mutation désignent la taxe reversée à l’État et aux collectivités locales lors d’une vente immobilière. Les frais de notaire désignent l’ensemble des sommes versées au notaire, qui les redistribue ensuite entre les différents bénéficiaires, dont les droits de mutation. La rémunération nette du notaire ne représente que 10 à 15 % du total versé.